Strict Standards: Only variables should be passed by reference in /home/www/sites/blogericg/config/ecran_securite.php on line 225
Présentation - Éric George

Accueil du site > Qui suis-je ? > Présentation

Présentation

mardi 30 novembre 2010, par Pierre Bourgeois

Je ? Nous ?

Une page web ? un blogue ? Un site ? Je vous avoue avoir longtemps hésité avant de me lancer dans une élaboration de ce genre. Et merci tout d’abord à Pierre Bourgeois qui l’a conçu. J’ai toujours préféré les projets collectifs aux démarches individuelles. Certes, je suis professeur à l’École des médias à la Faculté de communication de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Mais je participe aux activités de plusieurs collectifs, à commencer par le Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l’information et la société (CRICIS) que je dirige, la MSH de Paris Nord où je suis chercheur associé, la revue tic&société dont je cocoordonne le comité éditorial et le comité de recherche 33 Sociologie de la communication de l’Association internationale des sociologues de langue française (AISLF) que je copréside.

Le goût pour les activités en collectivité ? Il commence à dater ! Tenez, je me souviens fort bien de la période pendant laquelle j’étais étudiant dans le cadre du programme de doctorat en communication de l’UQAM (conjoint avec l’Université de Montréal et Concordia University). J’étais aussi inscrit à l’École Normale Supérieure de Paris (Fontenay/Saint-Cloud) maintenant transférée à Lyon) en sciences de l’information et de la communication, ayant été l’un des premiers étudiants à faire une cotutelle de thèse France / Québec. Quelle galère que cette convention qu’il avait fallu quasiment inventer ! Dans l’ensemble de ce parcours qui a duré six ans, je me suis avant tout passionné pour… la création d’une revue conçue par et pour des étudiantes et des étudiants, COMMposite. Nous avons lancé le premier numéro en 1997. Quel plaisir que cette aventure collective ! Et quelle joie de constater lorsque je suis devenu directeur du programme de doctorat douze ans après l’avoir quitté comme étudiant que la revue était toujours bien vivante et qu’elle a donc réussi à survivre au départ de tous les fondateurs.

Certes, dans le métier de professeur-chercheur, on est parfois tenté de jouer un peu en solo. Il faut dire que nous sommes très souvent évalués, et ce individuellement ! Les egos peuvent s’avérer assez développés, voire plus. C’est le moins qu’on puisse dire ! Vous ne me croyez pas ? Allez faire un tour du côté des romans de David Lodge, à commencer par Un tout petit monde pour en savoir plus sur nous. Cela dit, il est possible de favoriser le travail en groupe. Tenez, j’ai par exemple obtenu onze subventions majeures auprès du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) du Canada, du Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC) et du Ministère du Patrimoine Canadien depuis le début de ma carrière en 2002. Sur le total, la grande majorité ont été obtenues avec des colègues et seules deux l’ont été sans équipe mais finalement j’ai toujours travaillé à la fois avec des collègues et avec des étudiantes et étudiants. Il y a certes des moments où l’activité comprend une dimension très personnelle. Je pense par exemple à l’écriture bien qu’on puisse rédiger à plusieurs, même en sciences sociales. De toute façon, la pensée ne s’enrichit que si on échange analyses et réflexions les uns avec les autres au sein du champ universitaire. Rien de tel à ce sujet que colloques, conférences, congrès et séminaires pour se remuer les méninges !

Cela dit, quels sont mes intérêts de recherche ? Je parlerais presque de passion à ce sujet. Mais je vais réserver cela à trois de mes passe-temps préférés, la montagne, le désert et la photo. Vous pourrez en avoir un aperçu sur le site. Alors, la recherche ? Disons en préambule que je m’interroge… D’ailleurs, chercher ne consiste-t-il pas avant tout à se poser de bonnes questions qui ont tant une pertinence sociale que scientifique ? Je me questionne donc sur les liens entre la communication, le capitalisme et la démocratie. Vous trouvez cela abstrait, peut-être… Alors, soyons plus spécifiques. Premier intérêt : la dimension socio-économique du développement des médias et des technologies de l’information et de la communication (TIC). Logique puisque je pense que dans des sociétés caractérisées par le capitalisme, l’économie joue un rôle majeur pour expliquer les mutations en cours. Et à ce sujet, notre époque est le théâtre de nombreuses transformations qui touchent le financement de la culture et de l’information dans un contexte marqué par la globalisation du capitalisme, la numérisation des technologies maintenant en réseau et le changement du rôle de l’État. D’ailleurs, l’étude des politiques publiques et de la gouvernance dans le secteur de la culture et des communications m’apparait également importante. La preuve, c’est que sans aides publiques, bon nombre de médias au Canada, je pense au cinéma et à la télévision notamment, n’existeraient pas ou presque ! Logiques socio-économique et sociopolitique apparaissent étroitement mêlées comme en témoigne notre recherche sur le développement des médias autochtones.

Ces mutations des médias à la fois d’ordre économique, politique, social et technique jouent d’ailleurs un rôle dans les transformation de l’espace public qui constitue un autre champ de recherche important à mes yeux. C’est dans cette perspective que nous sommes plusieurs à avoir travailler sur deux recherches consacrées à la concentration de la propriété des médias, à la multiplication des technologies numériques et au pluralisme de l’information. Et dans une perspective voisine de celle de ma thèse de doctorat qui portait sur le rôle d’Internet dans la dynamique du mouvement altermondialiste, je consacre aussi mes activités de recherche à l’analyse des transformations de l’espace public en lien avec les usages des TIC qui contribuent à renforcer la démocratie, système politique qui n’est jamais achevé mais qu’il faut construire en permanence. À ce titre, ce sont les mouvements militants qui cherchent à créer de nouvelles formes de participation citoyenne qui attirent mon attention. D’où mon implication dans une recherche qui a donné lieu à la création d’un Observatoire de recherche sur la communication alternative (ORCA). À noter enfin que la mondialisation, entendue comme processus socio-historique de très long terme à la fois d’ordre économique, politique, social et culturel, traverse l’ensemble de mes préoccupations intellectuelles et me rappelle mon intérêt – en guise d’horizon – pour les liens entre communication, capitalisme et démocratie.

Avec quelles approches, me direz-vous… J’aborde ces questionnements à partir des perspectives voisines et enchevêtrées que sont l’économie politique et la sociologie critique. Ce qui nous conduit à une autre question : qu’est-ce donc qu’une pensée critique ? Pratiquer le doute de façon systématique, considérer que la méthodologie ne relève pas uniquement de méthodes de collecte et d’analyse de données mais aussi de l’épistémologie, accorder une place centrale aux notions d’inégalités sociales, de pouvoir, de rapports de force et de domination. Telles me semblent être les principales façons de penser de façon critique. Ah, j’ajouterais tout de même un autre élément fondamental : c’est aussi porter un regard … critique sur la manière dont nous façonnons notre monde ! Et avoir envie de le changer. Ce qui fait d’ailleurs que si les démarches scientifique et militante sont différentes, elles ne sont pas forcément incompatibles, loin de là. Mais pour aller plus loin, je vous inviterai volontiers à lire les actes d’un colloque international organisé en 2012 Où (en) est la critique en communication ?. Un projet… collectif ! Et qui renvoie à un intérêt partagé avec des collègues pour les questions d’ordre épistémologique liées aux études en communication et au-delà en sciences sociales.

Bonne navigation !

Et peut-être à bientôt par courriel : george.eric@uqam.ca

P.-S.

P.S : le titre « Je ? Nous ? » fait aussi référence à la façon d’écrire un texte scientifique, soit en mettant l’accent sur l’autonomie du chercheur, auquel cas on emploiera le « je » qui fait aussi référence à une certaine modestie. Le « nous » renvoie au fait que nos idées sont largement influencées par celles de nos collègues d’hier et d’aujourd’hui.

Documents joints